Une machine thermique prend de la chaleur à une source chaude, en convertit une partie en travail et rejette le reste dans une source froide. Le rendement de Carnot est la plus grande part qu’une machine puisse convertir, et il est fixé par les deux températures seules : η = 1 − T_C/T_H. Ni le combustible, ni le fluide, ni l’ingénierie — les températures.
Ce que signifie chaque symbole
T_H, T_C
- les températures des sources chaude et froide, en kelvins. Des températures absolues : la formule est un rapport, une échelle à zéro arbitraire donne donc une réponse arbitraire.
Q_H
- la chaleur prélevée à la source chaude en un cycle.
Q_C
- la chaleur rejetée dans la froide. C’est elle qui fait d’une machine une machine — on ne peut pas l’annuler.
η
W/Q_H, la fraction de la chaleur absorbée qui ressort en travail.
D’où vient la formule
- Commencez par la comptabilité. Sur un cycle complet, la machine revient à son état initial : elle ne stocke rien, donc tout ce qui entre doit sortir.
W = Q_H − Q_C, et par conséquent η = W/Q_H = 1 − Q_C/Q_H. Le rendement n’est plus qu’une question du rapport Q_C/Q_H.
- Remarquez ce qui n’a PAS été exclu. La conservation seule s’accommode de
Q_C = 0 et η = 1 — une machine qui transforme toute sa chaleur en travail. Rien dans le premier principe ne l’interdit. La limite doit venir d’ailleurs.
- Elle vient de l’entropie. Prélever
Q_H à la source chaude abaisse son entropie de Q_H/T_H ; rejeter Q_C dans la froide élève la sienne de Q_C/T_C. La machine elle-même revient à son état initial, la variation totale se réduit donc à ces deux termes. Le second principe interdit une diminution, d’où Q_C/T_C ≥ Q_H/T_H.
- Réarrangé :
Q_C/Q_H ≥ T_C/T_H, et en reportant dans l’étape 1, η ≤ 1 − T_C/T_H. L’égalité exige une variation d’entropie totale exactement nulle, c’est-à-dire un cycle parfaitement réversible. La valeur de Carnot n’est donc pas une conception astucieuse : c’est le plafond auquel toute conception est comparée, et chaque irréversibilité réelle augmente Q_C et abaisse η.
Comment lire ce que vous voyez
Le panneau de gauche montre le cycle en axes pression-volume : deux isothermes à T_H et T_C reliées par deux adiabatiques, et l’aire enclose est le travail par cycle. Le panneau de droite montre la même chose comme un flux — Q_H venant du bloc chaud, W sortant sur le côté, Q_C descendant dans le bloc froid — avec les trois nombres sur leurs flèches. Ne changez que Q_H et la boucle garde sa forme tandis que toutes les énergies se mettent à l’échelle ; changez une température et la boucle change de proportions.
- Suppose
- Deux sources assez grandes pour que le prélèvement de chaleur ne refroidisse pas l’une ni ne réchauffe l’autre, et un cycle mené de façon réversible — assez lentement pour que le fluide soit à l’équilibre à chaque instant. Les deux températures en kelvins. On suppose aussi que les sources sont les seules choses que la machine touche : pas de frottement, pas de chaleur fuyant à côté du cycle plutôt qu’à travers lui.
- Ne tient plus quand
- La ligne ΔS vaut zéro pour toute entrée possible, et c’est une propriété du calcul, non un verdict sur la machine.
Q_C y est calculé comme Q_H − W avec W tiré de la formule de Carnot, ce qui rend Q_C/T_C et Q_H/T_H identiquement égaux — la ligne confirme que le cycle de Carnot est le cycle réversible, et ne peut rien détecter d’autre. Une machine réelle produit de l’entropie, et la façon honnête de le voir ici est de comparer un rendement mesuré au plafond affiché par cette page, non de chercher un ΔS non nul.