Une série de Fourier affirme que toute onde périodique, si dentelée soit-elle, est une somme de sinus purs dont les fréquences sont des multiples entiers d’une fondamentale. La somme se construit terme à terme et se dessine par-dessus la cible. Le mot intéressant est égale : la somme atteint la cible partout où celle-ci est continue, et la ligne Peak est l’endroit où l’on découvre ce qui se passe là où elle ne l’est pas.
Ce que signifie chaque symbole
N
- le nombre de termes additionnés. Le curseur s’arrête à 20, et la ligne de la série nomme chaque coefficient employé.
k
- l’indice d’harmonique — quel multiple de la fondamentale porte un terme. Le carré et le triangle n’utilisent que les k impairs ; la dent de scie les utilise tous.
aₖ
- le coefficient de l’harmonique k, affiché dans la ligne de la série. Sa taille dit combien cette fréquence compte, et la vitesse à laquelle les coefficients décroissent décide de la vitesse de convergence.
Peak
max|fN(x)|, le point le plus haut de la somme partielle. La cible a une amplitude de 1 : cette ligne demande donc en réalité si la somme a dépassé.
D’où vient la formule
- Lis les coefficients sur la page. Pour le carré, la ligne de la série affiche
1.273 sin(x) + 0.4244 sin(3x) + 0.2546 sin(5x) + …, soit 4/(kπ) pour k = 1, 3, 5. Rien n’est ajusté — les coefficients viennent d’une intégrale, et chaque forme d’onde a les siens.
- Remarque les harmoniques absentes. Le carré et le triangle n’utilisent que les k impairs, car tous deux vérifient
f(x + π) = −f(x) : décalés d’une demi-période, ils changent de signe, ce qu’une harmonique paire ne peut pas faire. La dent de scie n’a pas cette symétrie et exige donc toutes les harmoniques — ce que la ligne « Harmonics used » énonce directement.
- Le premier coefficient donne déjà la vitesse de convergence. Le carré donne
4/π = 1.273 et décroît en 1/k ; le triangle 8/π² = 0.8106 et décroît en 1/k² ; la dent de scie 2/π = 0.6366 et décroît en 1/k. Une décroissance plus rapide, c’est moins de termes pour la même fidélité — d’où l’impression que le triangle est terminé bien avant les deux autres.
- Regarde maintenant la ligne Peak plutôt que l’image. Pour une cible sans saut, le pic doit monter jusqu’à 1 et s’y tenir. Pour une cible avec un saut, il fait tout autre chose, et c’est le sujet du reste de cette leçon.
Comment lire ce que vous voyez
Mets la forme sur triangle et fais monter N depuis 1 : le pic affiche 0.8106, 0.9006, 0.9331, 0.9596 … 0.9899 à N = 20. Il monte vers 1 par en dessous et ne le dépasse jamais. Passe au carré : 1.273, 1.2, 1.188, 1.182 … puis il s’arrête tout simplement, à 1.179, et aucune harmonique supplémentaire ne le bouge. Enfin la dent de scie : 0.6366, 0.827, 0.9185, puis 1.008 à N = 5 — elle franchit 1 — et à N = 20 elle est à 1.131 et monte encore. Trois formes, trois histoires entièrement différentes, dans une seule ligne. La dent de scie est celle qui trompe : à la regarder seule, on conclurait que le dépassement croît sans limite. Non. Il se dirige vers le même 1.179 que le carré, simplement par en dessous.
- Suppose
- Que vingt termes suffisent à voir la tendance, et que le pic est trouvé par échantillonnage — la ligne RMS est évaluée en 801 points de la période, et le pic est le plus grand de ces échantillons, non un maximum résolu. L’un et l’autre conviennent pour observer la convergence, aucun ne conviendrait pour une démonstration.
- Ne tient plus quand
- Le dépassement ne disparaît jamais. Ce 1.179 stable n’est pas la série à bout de souffle : la limite vaut
(2/π)·Si(π) = 1.17898…, et ajouter des harmoniques indéfiniment rend le pic plus étroit sans le rendre plus bas. La série converge donc vers le carré en chaque point pris isolément et jamais uniformément — c’est exactement la distinction que ce phénomène sert à enseigner. Cela explique aussi une contradiction apparente sur cette page : l’éclairage ci-dessus parle d’environ 8.95% et cette ligne de 17.9%. Les deux sont justes — 0.179 rapporté à l’amplitude 1 fait 0.0895 rapporté au saut de 2. Michelson rencontra ce pic en 1898 sur son propre analyseur harmonique et soupçonna un défaut de la machine ; Gibbs écrivit l’année suivante à Nature pour expliquer que c’était la mathématique qui le produisait, non le laiton.