Leçon
La théorie — Le paradoxe de Saint-Pétersbourg
Dans le jeu de Saint-Pétersbourg, on lance une pièce équilibrée jusqu’à la première apparition de face. Si elle survient au lancer k, le joueur gagne 2k−1 ducats. Le lancer k contribue pour 2−k · 2k−1 = ½ à l’espérance, qui est donc infinie. Une banque pouvant verser au plus B ducats paie min(2k−1, B). Le jeu vaut alors V(B) = (m + 1)/2 + B/2m+1, avec m = ⌊log2 B⌋, soit 1 + m/2 lorsque B = 2m. Avec l’utilité logarithmique de Bernoulli, un joueur possédant W ducats paie au plus le prix x qui vérifie Σ 2−k ln(W − x + 2k−1) = ln W.
Ce que signifie chaque symbole
B- la somme maximale que la banque peut verser, en ducats
V(B)- l’espérance du jeu avec cette banque
W- la fortune du joueur avant de jouer, en ducats
x- le prix maximal qu’un joueur possédant W accepte de payer selon l’utilité logarithmique
Problème entièrement résolu
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L’autre réponse de Cramer : une racine carrée plutôt qu’un plafond 4 étapes
Dans la même lettre de 1728, Cramer explorait une seconde idée : laisser les gains sans plafond, mais évaluer l’argent par sa racine carrée. Ainsi, 40 millions procurent le double de la satisfaction apportée par 10 millions. Quelle valeur donne-t-il alors au jeu, en ducats ? Cliquez d’abord sur Banque de Cramer : la page affiche la valeur obtenue avec sa première réponse.
Ouvrez ce problème dans l'outil
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La valeur obtenue avec sa première réponse, le jeu plafonné, se lit sur la page :
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Évaluez chaque gain par sa racine carrée. Le terme de rang k est 2−k√(2k−1). La série est géométrique, de raison 1/√2, et converge donc sans plafond :
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L’équivalent monétaire est la somme dont la racine carrée égale cette espérance de satisfaction :
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À titre de comparaison, voici le résultat du logarithme de Bernoulli pour une personne qui ne possède rien et reçoit le jeu gratuitement :
Réponse
2,91 ducats : 1/(6 − 4√2), sans limite pour la banque. Cramer jugeait cette valeur « inférieure à 3, une somme vraiment dérisoire, mais néanmoins, je crois, plus proche que 13 de l’estimation commune ». Avec la racine carrée, les contributions des longues parties décroissent géométriquement ; le plafond imposait cette réduction en limitant les gains. Le logarithme de Bernoulli donne 2 ducats pour une personne qui ne possède rien.
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Parcours
Des jeux équitables qui vous ruinent
Références (2)
- Daniel Bernoulli's paper of 1738, in Louise Sommer's translation: the game in the page's form (one ducat on the first toss, doubling), Nicolaus Bernoulli's remark that a reasonable man would sell his chance for twenty ducats, the logarithmic valuation with the man worth 10, 100 and 1,000 ducats (about 3, 4 and 6) and nothing (two ducats precisely), the equation for the purchase price, and Gabriel Cramer's letter of 1728 with the cap at 2²⁴ ducats (13) and the square root (less than 3), which the first insight and the worked problem use: D. Bernoulli, Exposition of a new theory on the measurement of risk, translated by L. Sommer. Econometrica 22(1), 23–36 (1954). Originally Specimen theoriae novae de mensura sortis, Commentarii Academiae Scientiarum Imperialis Petropolitanae 5, 175–192 (1738). doi:10.2307/1909829
- The history in one place: Nicolaus Bernoulli's letter to Montmort of 9 September 1713 (a die, not a coin, and a progression 1, 2, 4, 8, 16), Cramer's simpler coin version and his bounded valuation in 1728, Daniel Bernoulli's logarithm in 1738, and the objection that no bank has an indefinitely large reserve: M. Peterson, The St. Petersburg Paradox. The Stanford Encyclopedia of Philosophy (Fall 2023 edition), E. N. Zalta and U. Nodelman (eds.). First published 30 July 2019; substantive revision 1 August 2023.